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Lukas Sternath / Thomas Rabsch

Lukas Sternath

programme

Franz Liszt (1811-1886)

Extrait des Harmonies poétiques et religieuses, S 173 (1840-53) :

VII. Funérailles

 

Franz Schubert (1797-1828)

Sonate pour piano n° 21 en si bémol majeur, D 960 (1828)

I. Molto moderato
II. Andante sostenuto
III. Scherzo: Allegro vivace con delicatezza – Trio
IV. Allegro ma non troppo – Presto

 

Fin du concert : +/- 19:30

artiste

La vie du pianiste autrichien Lukas Sternath a été placée très tôt sous le signe de la musique. Enfant, il parcourt le monde avec les Wiener Sängerknaben, en tournée à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Il étudie ensuite le piano à l’Universität für Musik und darstellende Kunst Wien auprès d’Anna Malikova et d’Alma Sauer, puis à la Hochschule für Musik, Theater und Medien Hannover auprès d’Igor Levit et de Paul Lewis. En 2022, il se distingue à l’Internationaler Musikwettbewerb der ARD à Munich, où il remporte le Premier Prix, mais aussi, entre autres, le Prix du public et le Prix de la meilleure interprétation de l’œuvre imposée. En tant que soliste, il collabore avec des orchestres tels que le Mozarteumorchester Salzburg, le SWR Symphonieorchester, les Münchner Philharmoniker et les Wiener Philharmoniker, ainsi qu’avec des chefs comme Ádám Fischer, Patrick Hahn, Giedrė Šlekytė et Andrés Orozco-Estrada. En récital, il s’est notamment produit à l’Elbphilharmonie Hamburg, à la Tonhalle Zürich, au Gewandhaus Leipzig ainsi qu’au Ruhr Piano Festival. Sternath a été nommé ECHO Rising Star pour la saison 2024-2025 et fait partie des BBC New Generation Artists entre septembre 2025 et décembre 2027. Cette saison, il est « Künstler im Fokus » au Wiener Musikverein, où il conçoit et programme sa propre série de concerts.

 

commentaire

En à peine deux œuvres, le pianiste autrichien Lukas Sternath propose un programme traversé de contrastes émotionnels marqués. Dans Funérailles, Franz Liszt rend un hommage poignant à ses amis tombés lors de la Révolution hongroise ratée, mêlant combativité et profonde tristesse. Dans la 21e Sonate pour piano de Schubert, qui sera sa dernière, la contemplation domine et les éclats violents se fondent dans une atmosphère de mélancolie et de recueillement.

 

Franz Liszt - Funérailles (1849)

Funérailles compte parmi les pièces les plus célèbres du cycle pour piano Harmonies poétiques et religieuses de Franz Liszt. Comme l’indique le titre, Liszt conçoit cette œuvre comme une marche funèbre. En raison du sous-titre « Octobre 1849 », elle est fréquemment vue comme un hommage aux compatriotes du compositeur morts pendant et après l’échec de la Révolution hongroise de 1848. Ce mouvement d’indépendance fut réprimé par les autorités autrichiennes et, dans les suites de cette répression, le 6 octobre 1849 - date à laquelle Liszt fait vraisemblablement allusion - plusieurs chefs de la révolte furent exécutés, parmi lesquels figuraient également des amis et connaissances du compositeur. Liszt ne formule toutefois aucune référence explicite à la Révolution hongroise : bien qu’il soutînt la cause nationale, ce n’est qu’à partir des années 1850 qu’il s’engagea plus profondément dans l’exploration de la culture de son pays d’origine et intégra des éléments de musique populaire hongroise à son langage musical.

Funérailles ne présente donc pas encore un caractère particulièrement hongrois, mais la référence à la marche funèbre s’impose dès les premières mesures. L’œuvre s’ouvre sur une imitation de glas dans le registre le plus grave du piano. Après un bref silence s’amorce une sombre marche funèbre dont la mélodie, issue du registre grave, gagne progressivement en intensité. Cette marche conduit à une mélodie lyrique et mélancolique, qualifiée de lagrimoso, qui semble tendre vers un climax oppressant. Finalement, cette progression s’interrompt pour céder la place à une fanfare militaire triomphante, soutenue par un accompagnement dynamique. Ce n’est toutefois pas l’héroïsme qui l’emporte : la marche funèbre revient avec une intensité dramatique accrue. Lorsque, dans les dernières mesures, la fanfare réapparaît, elle ne s’épanouit pas dans une explosion héroïque, mais s’éteint dans des accords staccato doux et désabusés. Liszt n’oublie pas le courage de ses compatriotes tombés au combat, mais le deuil et la désillusion dominent.

 

Franz Schubert - Sonate pour piano en si bémol majeur, D 960 (1828)

Là où Liszt recherche des contrastes émotionnels tranchés dans une œuvre brève, la monumentale dernière sonate pour piano de Franz Schubert baigne dans une atmosphère continue de contemplation, de mélancolie et de résignation. Schubert composa cette Sonate pour piano en si bémol majeur en septembre 1828, deux mois à peine avant sa mort. Il est dès lors difficile de dissocier le ton apaisé, presque détaché, de cette ultime œuvre pianistique de son contexte biographique.

Robert Schumann, l’un des premiers défenseurs de la musique de Schubert, adopte précisément cette perspective dans son essai consacré aux trois dernières sonates : « Ces sonates me paraissent sensiblement différentes des autres : elles sont beaucoup plus simples, renoncent volontairement aux nouveautés éclatantes et développent longuement chaque idée musicale […]. Comme si la fin n’existait pas, la musique s’écoule chantante de page en page, parfois interrompue par des élans plus vigoureux, qui retombent rapidement. Que mon jugement soit influencé par l’image de sa maladie, je le laisse à des esprits plus sobres. C’est ainsi, en tout cas, que je les ai ressenties. »

Le premier mouvement s’ouvre sur une mélodie sereine et largement déployée qui détermine le caractère de l’ensemble. Le calme n’est que subtilement troublé par un trille mystérieux et discret dans le registre grave, annonçant les pérégrinations harmoniques qui jalonneront le mouvement. Même lorsque Schubert introduit, au fil de cette section initiale, des contrastes dramatiques passagers, le climat de recueillement instauré dès l’ouverture demeure intact. Les propos de Schumann trouvent ici une résonance particulière : chaque interruption, chaque inflexion ne font que renforcer le flux apparemment ininterrompu de la musique.

Le deuxième mouvement, un Andante sostenuto en mineur, ajoute, par sa mélodie sombre, une nuance mélancolique à l’atmosphère initiale. Toutefois, la résignation y prédomine également : la section médiane prend l’allure d’une miniature lyrique et gracieuse et la musique module finalement vers le majeur.

Un contraste plus marqué apparaît dans le scherzo, léger et enjoué. Ce troisième mouvement exprime une gaieté presque insouciante, à travers un thème élégant alternant les registres aigu et grave sur un accompagnement dansant.

Le finale réunit enfin le caractère ludique du scherzo et la sérénité du premier mouvement. Un thème de rondo vif et récurrent guide l’auditeur à travers des épisodes contrastés jusqu’à une conclusion empreinte d’insouciance. Par analogie avec le trille grave du premier mouvement, un sol grave en octaves, nettement articulé, précède ici chaque réexposition du thème de rondo ; mais cet élément perturbateur se dissout lui aussi dans l’atmosphère apaisée et détachée. Ainsi Robert Schumann conclut-il à propos de Schubert : « Bienveillant, léger et enjoué, il conclut, comme s’il pouvait recommencer le lendemain ».

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version 29.01.2026

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