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Anja Lechner / Martin Hangen (ECM Records)

Anja Lechner

programme

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Suite pour violoncelle seul n° 1 en sol majeur, BWV 1007 (1717-23)

  1. Prelude

  2. Allemande

  3. Courante

  4. Sarabande

  5. Menuet I / II

  6. Gigue

 

Tobias Hume (ca. 1579-1645)

Harke, Harke

A Question

An Answer

A Pollish Ayre

Tom and Mistresse Fine

The New Cut

 

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Suite pour violoncelle seul n° 2 en ré mineur, BWV 1008 (1717-23)

  1. Prelude

  2. Allemande

  3. Courante

  4. Sarabande

  5. Menuet I / II

  6. Gigue

 

Carl Friedrich Abel (1723-1787)

Arpeggio pour viole de gambe seule en ré mineur

 

Fin du concert : +/- 19:30

Anja Lechner

Anja Lechner est une violoncelliste allemande d’une grande polyvalence, aussi à l’aise dans le répertoire classique que dans l’improvisation. Elle a été l’un des membres fondateurs du Rosamunde Quartett, au sein duquel elle a joué de 1992 jusqu’à la dissolution de l’ensemble en 2009. Depuis 2006, elle est également membre du Tarkovsky Quartet, un ensemble atypique réuni autour du pianiste de jazz François Couturier, avec lequel elle se produit aussi en duo depuis 2012. Elle entretient par ailleurs une collaboration artistique de longue date avec le bandonéoniste argentin Dino Saluzzi, avec qui elle a réalisé plusieurs albums. Anja Lechner a créé des œuvres de compositeurs contemporains tels que Günter Bialas, Valentin Silvestrov et Arvo Pärt. En octobre 2025 est paru son premier album solo, Bach – Abel – Hume, chez ECM New Series.

commentaire

Au cours de ce concert, Anja Lechner met en regard les deux premières Suites pour violoncelle de Johann Sebastian Bach avec des œuvres issues des débuts et de l’âge d’or de la viole de gambe - instrument à cordes frottées apparenté au violoncelle, mais doté de cinq à sept cordes, de frettes, et caractérisé par une sonorité plus intime. Tobias Hume et Carl Friedrich Abel ont chacun enrichi, à leur manière, le répertoire de cet instrument : le premier en le dotant d’un véritable répertoire soliste, le second en lui offrant un dernier renouveau, particulièrement brillant renouveau avant que le violoncelle le supplante largement. Les Suites pour violoncelle de Bach, bien que composées pour un autre instrument, semblent elles aussi porter les traces de l’univers sonore intime propre à la viole de gambe.

 

Tobias Hume (c.1569–1645)

L’un des plus importants défenseurs de la viole de gambe fut le compositeur anglais Tobias Hume, un officier de profession, qui consacrait ses loisirs à la musique. Hume entretint une discussion avec son contemporain et compatriote John Dowland pour savoir quel serait l’instrument le plus approprié à l’accompagnement du chant : Dowland privilégiait le luth, tandis que Hume défendait ardemment sa chère viole de gambe. Son objectif était d’élever la viole de gambe au rang d’instrument aussi polyvalent que le luth, afin qu’elle puisse intervenir aussi bien en solo qu’en ensemble. Ses recueils The First Part of Ayres (1605) et Captaine Humes Poeticall Musicke (1607) sont ainsi considérés comme des sources majeures du répertoire soliste pour cet instrument.

Les compositions pour viole de gambe de Hume figurant à ce programme proviennent de ce premier recueil, une collection de cent seize danses et miniatures illustrant une large palette de caractères musicaux, de la mélancolie la plus sombre à la frivolité la plus exubérante. Dans cette musique, Hume allie une maîtrise instrumentale accomplie à une fantaisie communicative et à un humour inventif. Il compose par exemple une pièce destinée à être jouée par deux interprètes sur une seule viole de gambe, le plus petit des deux devant s’asseoir sur les genoux du plus grand. Ses expérimentations techniques sont également révélatrices : Harke, Harke contient la première description connue, dans l’histoire de la musique, de la technique du col legno, dans laquelle les cordes sont frappées non avec les crins, mais avec le bois de l’archet. Son écriture se distingue en outre par un style volontiers improvisatoire et par des lignes mélodiques évoquant un chant sans paroles - bien que les titres évocateurs suffisent souvent déjà à stimuler l’imagination.

 

Johann Sebastian Bach (1685-1750)Suites pour violoncelle nos 1 & 2

Les six Suites pour violoncelle seul de Johann Sebastian Bach constituent le cœur absolu du répertoire pour violoncelle solo. Bach les composa durant son séjour à la cour de Köthen, période au cours de laquelle sa production instrumentale connut un essor remarquable : outre les Suites pour violoncelle, il écrivit alors les Concertos brandebourgeois, les Sonates et Partitas pour violon seul, ainsi que le premier livre du Das wohltemperierte Klavier. L’une des raisons de la popularité durable de ces œuvres auprès des interprètes réside dans la grande liberté qu’elles offrent à l’interprétation : l’absence d’indications de jeu strictes permet aux violoncellistes d’y imprimer fortement leur personnalité.

Les Suites sont souvent envisagées comme un cycle en raison de leur construction parallèle. Chacune se compose d’un prélude suivi de plusieurs danses de cour stylisées (allemande, courante, sarabande, menuet et gigue), qui offrent ensemble une vaste diversité expressive. Chaque danse adopte la structure bipartite typique du style baroque, chaque partie étant répétée. Cette caractéristique confère à l’interprète une liberté supplémentaire : lors des reprises, il peut en effet ajouter des ornements ou déplacer les accents musicaux. Ces Suites se distinguent en outre par leur « polyphonie imaginaire » : le subtil travail contrapuntique propre à l’écriture de Bach se cristallise ici en une seule ligne mélodique dans laquelle toutes les autres voix semblent résonner. Si Bach autorise encore occasionnellement des accords à deux ou trois sons dans la plupart des mouvements, le second menuet de la Première et de la Deuxième Suite pour violoncelle est, dans les deux cas, entièrement monodique.

 

Carl Friedrich Abel (1723–1787)

Environ un siècle et demi après que Tobias Hume eut doté la viole de gambe d’un vaste et riche répertoire soliste, l’instrument connut un ultime renouveau dans l’œuvre du compositeur allemand Carl Friedrich Abel. Il hérita son talent de gambiste de son père, Christian Ferdinand Abel, lui-même gambiste et violoncelliste à la cour de Köthen à l’époque où Johann Sebastian Bach y était actif - il est même possible qu’il ait été le premier interprète des Suites pour violoncelle de Bach. À l’instar de son père, Carl Friedrich Abel se fit connaître principalement aux côtés d’un Bach. À partir de 1758, il passa la majeure partie de son temps à Londres, où il fut musicien de chambre de la reine Charlotte et où, dès 1763, il fonda avec Johann Christian Bach, fils de Johann Sebastian, une série de concerts. Ces concerts Bach-Abel exercèrent une influence déterminante sur la culture moderne du concert : ils comptent parmi les premiers à ne plus être organisés par l’Église ou l’aristocratie, mais à fonctionner par un système d’abonnement, permettant au public d’accéder moyennant finance à une dizaine ou une quinzaine de concerts par saison. Bach et Abel y invitaient fréquemment des musiciens de renom du continent européen ; de nombreuses œuvres de Joseph Haydn y furent ainsi données pour la première fois en Angleterre.

Outre son rôle de programmateur de concerts, Abel s’y produisait souvent lui-même. Il était réputé pour être un gambiste exceptionnel et démontrait sa virtuosité à quasi chaque événement dans un solo ou un concerto. Dans ses solos, souvent improvisés, il explorait toutes les possibilités expressives de l’instrument, notamment dans ses adagios. Ce style improvisatoire et hautement expressif se retrouve également dans ses compositions, qui, par leur traitement raffiné de l’instrument soliste, entrent en résonance avec les Suites pour violoncelle de Bach. Ainsi, la succession d’accords brisés dans l’Arpeggio en ré mineur évoque le Prélude de la Première Suite pour violoncelle de Bach. Comme le prédisait un article de presse lors de la mort d’Abel, la viole de gambe tomba ensuite en désuétude et sembla disparaître avec lui ; pourtant, la richesse sonore de son œuvre demeure - y compris au violoncelle - d’une vitalité éclatante.

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